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Il reste encore un tout petit peu de temps pour souhaiter une belle année à mon tout petit comité de lectrices. Fidèles et constantes, ferventes jumelles et souvent citadines de la même ville. Il faudrait que j’écrive un jour un post sur cette drôle relation. J’ai une addiction pour la lecture de blogs de mes semblables. Je renoue avec le plaisir de lire des journaux intimes d’écrivaines anonymes lorsque j’avais treize ans. Des cornichons au chocolats, journal intime d’une sœur cadette…Aujourd’hui les titres ne sont pas si différents et j’éprouve le même plaisir à me reconnaître. Du réconfort, de l’empathie, du courage…

Bonne année mes sœurs de blog,

Continuez à me lire, rien ne me fait plus plaisir.

Frédérique

moi et une coupe de champ'

La bannière est ma croix…Vous l’avez d’ailleurs remarqué. Choisir un nom de blog n’a rien d’évident. Je trouvais celui d’avant trop gnangnan, celui là ne me convient toujours pas. Mais en attendant, chacun porte sa croix à sa bannière. Ouais, j’arrête.

Vous en pensez quoi ?

PS : En réponse à Chantal, fidèle lectrice et fine observatrice.

Si, comme moi, la période automnale vous plombe le moral, je vous conseille vivement le dernier opus de Philippe Jaenada « La femme et l’Ours ». Cet écrivain est drôle, humble et incroyablement proche de chez moi (je pourrais faire un reportage photos des rades où il aimait traîner pendant sa période Rue Gauthey). Il m’avait déjà fait mourir de rire il y a 10 ans avec sa description de l’Endroit, un café de mon quartier qui se croit super select, où murgé, il était resté assez longtemps perplexe à l’extérieur en essayant de comprendre le fonctionnement de la porte d’entrée (un bouton…). J’ai connu la même humiliation mais j’ai caché ça au milieu d’un fou rire et mes 10 ans de moins ont fait le reste….

Bix, grand mari-petit écrivain, nous fait part de son quotidien étouffant entre les sorties d’école où il récupère son fils et les quelques articles qu’il rédige pour un magazine people. Son couple souffre des habitudes, jusqu’au jour où Bix décide, sur un coup de tête, de s’échapper pour quelques jours du domicile conjugal. Les scènes conjugales sont d’une exactitude sidérante et l’on se reconnait sans peine dans ces affrontements permanents et nos calculs mesquins. Ce roman fait du bien, on se sent moins seul. Et personnellement si je croise Philippe Jaenada dans un bar, je discuterais bien avec lui de la fugue, tout un art…

PS/ je n’ai pas aimé la fin, trop sordide. Philippe Jaenada est très fort pour raconter avec humour les scènes quotidiennes par contre on sent qu’il s’essouffle sur l’histoire, sa faiblesse. dommage

Couverture du roman de Philippe Jaenada "La femme et l'Ours"

Roman anti-déprime...sauf la fin quand même...


Fût un temps, où la petite Garance, en plein milieu d’un fou rire, s’effondrait en larmes. Réalisant soudainement que ce moment-là n’allait pas durer, que de toute manière tout finirait mal puisque nous allions tous mourir, et surtout son père et sa mère. C’était douloureux, pour elle et pour moi, surtout que j’accentuais notre sort inéluctable en lui prédisant coûte que coûte, que la poussière retourne à la poussière et que, par conséquent aucun avenir radieux ne nous attendait au pays des morts vivants…Elle en était mortifiée et je ne savais plus quoi faire pour la soulager. Jusqu’au jour où j’ai découvert ce livre qui signa la fin de ses affres sur notre destin de simples mortels.

Les questions des tout-petits sur la mort édité par Bayard Jeunesse est un petit livre intelligent et joliment illustré par Dankerleroux et Anouk Ricard. A travers des contes des différents pays (Inde, Arménie, Ecosse, Alaska, Sénégal…), le lecteur comprend la nécessité de la mort, partie intégrante de la vie et lui donnant, de ce fait, toute sa saveur.

Bon, pour tout vous dire, ma sœur, complètement désarmée devant la détresse de sa nièce, a eu la bonne idée de lui parler du Paradis. Le soulagement fut immédiat. A quoi sert la religion déjà ?

Les questions des tout-petits sur la mort – De 3 à 6 ans – Edité par Bayard Jeunesse. 14,90€.

Couverture Les questions des tout-petis sur la mort

Avec Garance, nous sommes allées à une visite guidée « spéciale famille » au Louvre. J’avais réservé en ligne, il y a un peu près trois semaines pour les « contes égyptiens ».
Nous sommes arrivées tout juste à l’heure. Il faut compter au moins 20 minutes pour passer les multiples barrages (contrôles des sacs + billets à récupérer). Conseil : Arrivez au moins ½ heure à l’avance. N’oubliez pas que vous devez également prendre une entrée pour vous (la réservation ne comprend que les visites guidées et l’entrée est gratuite pour les enfants).Tout ça se passe du côté « Accueil des groupes ».

Arrivées à bon port, nous avons été équipées d’une petite oreillette afin de capter la voix de la conteuse, ce qui s’est avéré fort utile vue la foule ce jour là. Conseil : éviter cette journée horrible du premier jour des vacances, à mon avis c’est déjà beaucoup plus calme en milieu de semaine.

Affublées de notre talkie-walkie (je crois que c’est ce qui a le plus plu à Garance), nous avons suivi la conteuse dans les méandres du Louvre. Devant une barque égyptienne, elle commence son histoire, directement retranscrite du manuscrit qui se trouvait à côté de l’objet lors de sa découverte. La conteuse joue parfaitement son rôle, elle mime, donne le ton et nous embarque au pays des contes égyptiens peuplés d’histoires de couples infertiles, de déesses aux prédications fatales, de richesses cachées, d’architecte rusé et de Ramsès II, riche et malheureux. Le parcours est vivant, la conteuse murmure la dernière phrase de l’épisode avant de connaître sa suite lors du prochain arrêt. Les objets sont là pour illustrer le conte mais ne sont absolument pas décrits. C’est léger, ludique, les enfants se prennent au jeu et sont absorbés par l’histoire. Cela dure en tout 1h30 et c’est juste la limite pour un enfant dans un musée. Une jolie promenade qui permet à l’enfant de se familiariser doucement avec le Louvre.

Evidemment, je n’ai pas pu m’empêcher d’aller faire un tour ensuite à la librairie pour les enfants du Louvre qui a toujours une sélection de qualité. Ce qui n’a pas empêché Garance de trouver « un cabane magique » mais bon, moi je me suis fait plaisir :

L’Edition de poche « Eloïse à Paris » et un carnet de note à l’ancienne…

Couvertue Eloïse à Paris en édition de poche

Pages intérieures Eloïse à Paris en édition de poche

Phot d'un charmant carnet de notes

La noix et le vin. Le goût brûlé des châtaignes et le rose aux joues. L’écharpe et les couleurs fauves. L’automne est là, magnifique. Paris à ma fenêtre n’en finit pas de pavoiser. Les couleurs d’une saison intermédiaire, les couleurs tristes et sanguinaires. L’amour et la violence. Ma saison préférée dans ma ville à qui ces parures vont si bien.

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photo illustrant un tas de vêtements après le tri

le tri, activité chiante réservée exclusivement aux femmes

Quand je dis à mon concubin mortifié que 80% des tâches ménagères sont ENCORE assurées par les femmes il en reste tout ébaubi et se demande bien pourquoi.

Parmi les multiples exemples en voici ENCORE un, édifiant : le tri des vêtements

Tout le monde s’en fout et pourquoi diable parler de ça sur un blog ?

- Parce qu’une femme perd en moyenne deux jours par an la tête dans le placard
- Parce qu’une femme perd en moyenne deux heures par an à revendre ces vêtements sur ebay ou les amener au conteneur Emmaüs du coin.
- Parce que souvent on se demande comment filent les jours, réponse : à s’occuper de conneries de ce style.
- Parce que évidement ce n’est pas grave au vu de ce qui se passe sur la planète mais que j’aimerais de temps en temps que mon mec s’y mette.

De plus pour me divertir et mettre à profit cet après-midi perdue, j’ai eu la mauvaise idée d’écouter simultanément (c’est bien connu vous savez les femmes savent faire plusieurs choses en même temps) le podcast du Masque et la Plume du 02 octobre dernier où le film « un heureux évènement » était copieusement éreinté par la critique. « Tous les clichés du genre. On apprend rien, tout le monde le sait que c’est difficile après l’arrivée d’un bébé, c’est écrit dans les tous les livres voyons. Eliette Abecassis, quel désastre, elle exploite tous les poncifs du genre. A la limite cela aurait pu être caustique, cynique mais c’est juste mièvre, en plus cela se termine par… » Mais c’est justement toute la complexité du sujet Mme Avon. C’est justement parce que l’on aime cet enfant d’un amour fou que la situation est difficile, que la mère a du mal à s’en détacher, que le couple peut en pâtir et que tous les sentiments sont exacerbés. S’il suffisait de pouvoir s’en débarrasser à la DASS du coin et de ne plus en parler, cela serait peut-être un film drôle pour vous mais complètement irréaliste. La réalité, la vérité, c’est que cet enfant devient le centre du monde même s’il est le passage obligé à une vie nettement moins libre et parfois…drôle. D’où la complexité.

Pratique : A toutes les femmes : voici le site qui vous permettra de trouver le conteneur Emmaüs de votre quartier.

ET l’émission qui m’a achevée pendant le TRI

http://www.franceinter.fr/player/export-reecouter?content=142167

couvertures magazines Milk septembre 2011, Marie-Claire Enfants septembre 2011, Paris Mômes spécial ateliersRien trouvé d’extraordinaire à travers les néo-mags pour les parents. C’est beau, c’est glacé, ça brille, il y a des quelques bonne idées mais je trouve que ça manque encore de corps. Une bonne charpente éditoriale pour éviter cette impression de dérive et d’indigestion d’enfants rock au regard frondeurs. Marie-Claire profite tout de même de la rentrée pour sonner la cloche : Laissons-les glander ! Un article pourfendeur d’avis partagés mais pas toujours entendus (on est loin de la Corée du Sud cependant). L’article « La mort en boucle » fournit des références utiles pour pouvoir en parler avec ses enfants. Je passe ensuite sur les idées goûters et les belles images. Un peu légère encore la Marie-Claire. Rien n’est sorti du jus de Milk mais la mise en page est superbe, les photos laissent rêveur, un moment de luxe et de volupté qui a son prix (8€), par contre Rentrée mode aurait suffit sur la couv, littéraire est de trop…Paris Môme m’a donné pleins d’idées :

En vrac :

Les après-midi des enfants au forum des images
Au fil des araignées. Museum National d’Histoire Naturelle
Les ateliers Explorer le quotidien au Centre Pompidou que je n’ai pas trouvé sur le site du musée où alors en 2006…Serait-ce une erreur ?
Les ateliers Cirqu’en familles de la Villette. (l’idée était bonne mais y’a déjà plus de places…)
Et bien sûr les ateliers du Musée de Louvre, du Musée de la chasse et de la nature, la Maison Européenne de la photographie, le jeu de Paume et bien d’autres encore…

Allo mamans bobos

ELLE. N°3430 – 23 septembre 2011-10-06
Devenir mère – Ce qu’on n’ose pas dire.
illustration article allô mamans bobos Elle magazine septembre 2011
Interviewée par le magazine Elle, Maryse Vaillant analyse la situation de la mère actuelle à travers les réactions de Louise Bourgoin dans « Un heureux événement ». Si certains de ses commentaires ont déjà été entendus (l’enfant est aujourd’hui un enfant désiré ce qui culpabilise d’autant plus la mère dans une société qui l’érige comme principale responsable de sa présence et par ce biais, de sa réussite…), d’autres et notamment le dernier résume parfaitement toute la difficulté d’être une mère :

« …

  • loin des promesses de plénitude, la maternité est une dépossession. Il faut aimer sans bâtir sa vie sur l’enfant, sans s’imputer ses succès ou ses échecs, sans s’illusionner sur ses capacités, sur ses actes, tout en l’accompagnant au mieux. Une prouesse psychique ! Presque mission impossible mais c’est sa force comme dans les plus belles entreprises humaines.
  • » C’est juste non ?

    J’y suis allée. Ca m’attirait comme un aimant. Même si j’ai passé le cap depuis longtemps et que les nuits blanches ne sont plus qu’un lointain souvenir. Mais la maternité, la naissance m’ont profondément bouleversée, changée, marqués mes nerfs à vif et ma façon de voir pour toujours. Un jour, j’ai accouché et ce jour là était aussi ma naissance. J’avais enfin les clefs pour tout comprendre. Ce n’était pas forcément beau à voir, pas facile à comprendre et à accepter mais j’avais éclairci toutes les énigmes qui m’entouraient. La place de ma mère, de mon père, de ma place en tant que mère et de mon amoureux qui devenait soudain le père de mon enfant. Je me souviens encore avec quel soulagement j’avais lu « Un heureux évènement » d’Eliette Abecassis, heureuse d’avoir enfin une voix, une semblable qui disait enfin la vérité. Car il s’agit bien de ça. Le jour où je suis née avec ma fille, c’est le jour où j’ai pu voir la vérité. Vertigineuse et douloureuse, la vérité bien enfouie. Et celle que l’on ne veut pas voir, pas croire avant d’avoir un enfant. « Désormais ma vie ne m’appartenait plus. Je n’étais plus qu’un creux, un vide, un néant. Désormais, j’étais mère. » peut on lire en 4ème de couverture. Depuis la révolution a fait son chemin, un nouvel ordre s’est mis en place. « Mais quel ordre ? » demande interloquée Louise Bourgoin à ses voisins de paliers, famille nombreuse et heureuse. Un ordre, fragile équilibre, un ordre bien désordonné et casse-gueule comme la vie. Merci à Pio Marmaï et à Louise Bourgoin, bien trop beaux dans un appartement bien trop soigné mais qui jouent à merveille le rôle de jeunes parents trentenaires sur un fil et tout chamboulés.

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